Semer la Pelouse

Date semis herbe en France : calendrier selon type et zone

Gros plan de mains semant des graines de gazon sur un sol préparé, avec outils de jardin en arrière‑plan.

En France, les deux grandes fenêtres pour semer de l'herbe sont le début d'automne (mi-août à mi-octobre, avec septembre comme mois star) et le printemps (mars à mai selon la région). L'automne est généralement le meilleur choix : le sol est encore chaud après l'été, les pluies reviennent naturellement et les adventices sont moins agressives. Au printemps, mars convient dans le Sud, avril-mai dans les régions continentales et montagnardes. Tout tourne autour d'une règle simple : la température du sol doit dépasser 10 °C à 5 cm de profondeur avant de semer, sans quoi les graines restent en dormance ou germent de façon irrégulière.

Pourquoi les dates de semis comptent vraiment

Cet article s'adresse à tous ceux qui ont envie d'une belle herbe verte sous les pieds : jardiniers amateurs, propriétaires qui veulent regarnir une pelouse fatiguée, paysagistes en herbe qui aménagent un jardin, et aussi, dans l'esprit de ce site, les artistes et curieux qui observent la nature pour la peindre. Car pour représenter l'herbe telle que Monet la voyait à Giverny ou Manet dans les clairières de la forêt de Fontainebleau, il faut d'abord comprendre les saisons de la verdure : quand elle pousse, comment elle évolue en couleur et en texture, quelle lumière elle capte en mai versus en septembre. Ce guide réunit le calendrier pratique, les règles agronomiques et, en conclusion, quelques repères pour les artistes qui veulent sortir leur carnet au bon moment.

Les meilleures périodes de semis en un coup d'œil

Voici les grandes lignes valables pour la majorité du territoire français. Les nuances climatiques viennent ensuite, mais cette vue d'ensemble donne déjà une orientation fiable.

PériodeMoisAtout principalRisque principal
Automne (optimale)Mi-août à mi-octobreSol chaud, pluies régulières, peu d'adventicesGel précoce si semis trop tardif (après mi-oct. au nord)
Printemps (alternative)Mars à maiJours allongés, températures montantesSécheresse estivale sur jeune pelouse, adventices actives
Été (possible au sud)Juin-juillet avec irrigationSol chaudArrosage intensif indispensable, stress hydrique élevé
Hiver (déconseillé)Novembre à févrierAucun avantage décisifSol froid < 10 °C, gel, graines pourrissent

Calendrier par zone climatique française

La France métropolitaine couvre quatre grands types climatiques selon le découpage de Météo-France : océanique, continental, méditerranéen et montagnard. Chacun impose ses propres fenêtres de semis. Ignorer cette réalité, c'est risquer d'emblée l'échec : un semis d'avril qui réussit à Bordeaux peut encore échouer à Strasbourg ou en Savoie où les gelées tardives sont courantes.

Zone climatiqueExemples de villesFenêtre automneFenêtre printempsÉviter
OcéaniqueNantes, Rennes, Bordeaux, BrestMi-août à mi-octobreMars à avrilNovembre à février
ContinentalStrasbourg, Dijon, Clermont-FerrandSeptembre à début octobreAvril à maiNovembre à mars
MéditerranéenMarseille, Montpellier, NiceSeptembre à octobreFévrier à marsJuillet-août (sécheresse)
MontagnardGrenoble, Chambéry, AurillacAoût à mi-septembreMai à début juinOctobre à avril (gel)

En zone méditerranéenne, le printemps est plus précoce mais l'été est souvent trop sec pour une jeune pelouse sans irrigation : la fenêtre de février à mars est donc précieuse et à ne pas rater. En montagne, la saison utile se réduit à deux ou trois mois de chaque côté : août-septembre à l'automne, mai-juin au printemps. La zone continentale est la plus contraignante côté gel : comptez sur septembre comme mois pivot pour les semis d'automne.

Adapter la période selon le type de semis

Pelouse neuve

Pour créer une pelouse depuis zéro, la fenêtre idéale est septembre-octobre sur la majeure partie de la France. Le sol retient encore la chaleur accumulée pendant l'été (souvent 14-18 °C à 5 cm), les pluies d'automne réduisent les besoins en arrosage, et les graminées s'installent avant les premières gelées. En termes de croissance, une pelouse semée début septembre est bien enracinée pour affronter l'hiver et prête à exploser au printemps suivant. Si vous ratez cette fenêtre, visez mars-avril dès que le thermomètre du sol dépasse 10 °C.

Sursemis de pelouse (regarnissage)

Le sursemis, c'est-à-dire semer sur une pelouse existante pour combler les zones clairsemées ou densifier l'ensemble, se fait idéalement en septembre ou en mars-avril. Pour en savoir plus sur les techniques et mélanges recommandés pour le regarnissage, consultez notre fiche dédiée « sene herbe ». À l'automne, scarifiez d'abord la pelouse, puis semez directement sur les parties dégarnies. Au printemps, préférez mars-avril avant que les adventices ne prennent le dessus. Un sursemis bien conduit en septembre permet à la pelouse de se régénérer sans avoir à tout refaire.

Prairie fleurie

La prairie fleurie (mélange de graminées et de fleurs sauvages) a ses propres règles. Deux périodes fonctionnent bien : le printemps (avril-mai), quand les conditions lumineuses et thermiques favorisent la germination des plantes à fleurs, et l'automne (septembre-octobre), qui convient aux espèces nécessitant une stratification froide naturelle. Pour une prairie fleurie destinée à offrir un spectacle dès le printemps, l'automne est souvent préférable : les graines passeront l'hiver et lèveront naturellement en mars-avril. Si vous semez au printemps, attendez que le sol soit bien réchauffé, pas avant mi-avril dans les régions froides.

Prairie sèche et milieux pauvres

La prairie sèche, composée de graminées rustiques et d'espèces adaptées aux sols pauvres et bien drainés, se sème de préférence en automne (août-octobre) sur la plus grande partie du territoire. En sol très drainant, les pluies d'automne sont essentielles pour l'établissement. Dans les régions méditerranéennes, la fenêtre de septembre-octobre est souvent la seule viable, car l'été est trop sec et l'hiver doux permet un bon enracinement. Les mélanges pour prairies sèches incluent fréquemment des bromes, des fétuques fines et des espèces comme la centaurée ou l'achillée.

Semer en novembre : ce qu'il faut vraiment savoir

Novembre est une zone limite. Dans la moitié nord de la France, semer en novembre revient à prendre un risque sérieux : le sol descend souvent en dessous de 10 °C, la germination devient très lente et irrégulière, et un épisode de gel peut tuer les plantules qui ont à peine levé. Pour des conseils régionaux détaillés et des solutions adaptées, consultez notre guide sur semer herbe en novembre. Dans la moitié sud et sur le littoral atlantique, novembre reste parfois faisable si les températures restent douces (sol > 10 °C), mais il faut surveiller les prévisions météo semaine par semaine.

Si vous vous retrouvez à semer en novembre malgré tout, voici comment limiter les dégâts : choisissez des mélanges à base de ray-grass anglais (Lolium perenne), qui germe plus vite et à des températures légèrement plus basses que les autres espèces ; protégez le sol semé avec un voile de forçage P17 ou P19 pour maintenir quelques degrés supplémentaires à la surface ; évitez d'arroser si la pluie est déjà présente (le sol ne doit pas être saturé) ; et acceptez qu'une partie des graines reste en dormance jusqu'au printemps, où elles lèveront d'elles-mêmes. Pour limiter les risques, consultez notre guide pratique « Semer en novembre » qui détaille les meilleurs mélanges, protections (voiles, filets) et calendriers régionaux. Considérez ce scénario comme un semi-précoce de printemps plutôt qu'un vrai semis d'automne réussi. Le sujet du semis en novembre mérite d'ailleurs un regard approfondi, notamment dans les régions où les conditions hivernales varient beaucoup d'une année à l'autre.

Les conditions pratiques à respecter : chiffres et repères

Semer au bon moment du calendrier ne suffit pas si les conditions du sol ne suivent pas. Voici les repères à garder en tête avant de sortir le sac de semences.

  • Température du sol: minimum 10 °C à 5 cm de profondeur. Mesurable avec un thermomètre à sonde (vendu en jardinerie, environ 8-15 €). La germination optimale du ray-grass anglais se situe entre 15 et 25 °C (alternances jour/nuit favorables).
  • Gel: évitez de semer si un gel est annoncé dans les 10 jours suivant le semis. Un gel à -2 °C suffit à tuer des plantules de moins de 3 semaines.
  • Humidité du sol: le sol doit être frais mais non saturé au moment du semis. Un sol gorgé d'eau provoque la pourriture des graines ; un sol trop sec retarde fortement la germination.
  • Pluies après semis: idéalement, semez juste avant une période de pluies légères et régulières (5-10 mm par jour), pas avant un orage violent qui peut déplacer les graines.
  • pH du sol: ciblez un pH entre 6,0 et 7,0, optimum autour de 6,2-6,6. Un sol trop acide (pH < 5,5) freine la germination et favorise les mousses. Corrigez par un chaulage réalisé 3-4 mois avant le semis.
  • Ensoleillement: après le semis, évitez les zones d'ombre dense. La plupart des mélanges de pelouse ont besoin d'au moins 4-6 heures de lumière directe par jour pour s'établir correctement.

Réussir le semis étape par étape

La préparation du sol représente facilement 70 % du succès. Une graine de qualité dans un sol mal préparé donnera un résultat médiocre ; la même graine dans un sol bien travaillé donne une pelouse dense et homogène. Voici la séquence que je recommande, que ce soit pour une pelouse neuve ou un regarnissage important.

  1. Analyse de sol (facultatif mais utile): prélevez un échantillon et faites-le analyser pour connaître le pH, le taux de matière organique et la texture. Les Chambres d'agriculture proposent ce service ; comptez 3-6 semaines de délai. Si le pH est inférieur à 6, planifiez un chaulage dès l'hiver précédent.
  2. Chaulage si nécessaire: épandez la chaux agricole ou la dolomie (selon le type de sol) en hiver, 3-4 mois avant le semis prévu. Ne mélangez pas chaux et engrais azotés le même jour.
  3. Désherbage et faux-semis: 2-3 semaines avant le semis, ameublissez superficiellement (croc ou fraise), laissez lever les adventices, puis détruisez-les mécaniquement ou par un désherbant à spectre large si la surface est importante. Cette étape réduit fortement la concurrence.
  4. Travail du sol: bêchez ou labourez légèrement (15-20 cm), puis affinez avec un râteau pour obtenir une surface finement émiettée, sans mottes. Retournez les cailloux supérieurs à 2-3 cm.
  5. Nivellement: passez une planche ou un rouleau léger pour aplanir la surface. Un sol irrégulier donnera une pelouse bosselée difficile à tondre.
  6. Apport de fertilisant de fond: incorporez légèrement un engrais starter riche en phosphore (type NPK 10-20-10) à raison de 30-40 g/m² pour soutenir l'enracinement initial.
  7. Semis: semez par passes croisées (moitié de la dose dans un sens, l'autre moitié perpendiculairement) pour une répartition homogène. Utilisez un épandeur à main ou à rouleau pour les grandes surfaces.
  8. Enfouissement léger: passez un râteau à revers pour enterrer les graines à 0,5-1 cm maximum. Un enfouissement trop profond (> 2 cm) bloque la germination.
  9. Roulage: passez un rouleau léger pour assurer le contact graine-sol, essentiel à une bonne germination.
  10. Protection et arrosage initial: posez un voile de protection si risque de vent, pluies fortes ou gel. Arrosez en pluie fine deux fois par jour (matin et soir) pendant 2-3 semaines si le temps est sec, sans jamais laisser sécher la surface.

Mélanges et espèces : quoi semer et à quelle dose

Le choix du mélange conditionne la future apparence, la résistance et l'entretien de votre herbe. En France, les semenciers professionnels comme Barenbrug, Vilmorin ou Les Gazons de France proposent des gammes organisées par usage. Voici l'essentiel pour choisir sans se perdre dans les catalogues.

Les trois espèces de base à connaître

  • Ray-grass anglais (Lolium perenne): établissement rapide (7-14 jours), résistant au piétinement, feuille fine à mi-fine. Incontournable dans tous les mélanges de pelouse. Idéal pour les zones jouées ou très utilisées.
  • Fétuques (Festuca rubra / Festuca arundinacea): finesse, densité, bonne résistance à la sécheresse pour Festuca arundinacea. La fétuque rouge traçante (F. rubra subsp. rubra) est très utilisée dans les mélanges d'ornement pour sa texture douce.
  • Pâturin des prés (Poa pratensis): pérennité excellente, résistance au piétinement et à l'usure, mais germination lente (3-4 semaines). Souvent présent en complément dans les mélanges polyvalents.

Compositions types et taux de semis recommandés

UsageComposition typeTaux de semis (pelouse neuve)Taux de sursemis
Pelouse d'ornement50-60 % fétuques fines, 20-30 % ray-grass, 10-20 % pâturin25-30 g/m²20-30 g/m²
Pelouse polyvalente / jardin de famille40-50 % ray-grass anglais, 30-40 % fétuque rouge, 10-20 % pâturin25-35 g/m²25-35 g/m²
Gazon sportif / très piétiné60-70 % ray-grass anglais, 20-30 % fétuque élevée30-40 g/m²30-40 g/m²
Prairie fleurie (biodiversité)50-60 % graminées fines, 40-50 % fleurs sauvages (bleuet, coquelicot, achillée...)3-7 g/m²3-5 g/m²
Prairie sèche (milieux pauvres)60-80 % graminées rustiques (brome, fétuque fine), 20-40 % fleurs de prairie sèche2-5 g/m²2-4 g/m²

Remarque importante sur les prairies : les mélanges pour prairie fleurie se sèment à des doses bien inférieures à la pelouse classique, souvent 3 à 7 g/m², et certains mélanges très denses en espèces florales descendent même à 1,5-2 g/m². Cette faible densité est volontaire : elle laisse de la place à chaque plante pour se développer et fleurir sans être étouffée par les graminées. Pour une prairie sèche extensive, la logique est la même : moins de graines par m², une concurrence inter-plantes modérée, et un résultat plus naturel à terme. Les semis de prairies, qu'elles soient fleuries ou sèches, méritent une attention particulière dans le choix des espèces selon la région et le type de sol.

Entretien après le semis : les repères pour ne pas perdre ce qu'on a semé

La période qui suit le semis est aussi délicate que le semis lui-même. Voici le calendrier d'entretien à suivre après la levée.

ÉtapeQuandCe qu'il faut faire
Arrosage quotidienDe J+0 à J+212 passages par jour en pluie fine si temps sec, pour maintenir le sol humide en surface
Levée visibleJ+7 à J+21 selon espèce et températureRéduire progressivement l'arrosage à 1 passage/jour
Première tonteQuand l'herbe atteint 8-10 cm (souvent 4-6 semaines après semis)Tondre à 5-6 cm, lame bien affûtée, sol sec pour éviter d'arracher les jeunes plants
Engrais de croissance3-4 semaines après la levéeApport léger d'engrais azoté (10-15 g/m² d'engrais granulé type 20-5-10)
Sursemis des zones clairseméesAutomne suivant ou printempsIdentifier les zones manquantes, scarifier légèrement, ressemer à 25-30 g/m²
Scarification annuelleFin août ou début septembreEliminer le feutre racinaire pour préparer un éventuel sursemis d'automne

Problèmes courants et comment les corriger

Zones clairsemées malgré le semis

Les zones qui n'ont pas levé sont souvent dues à un contact sol-graine insuffisant (enfouissement irrégulier), un séchage trop rapide en surface dans les premiers jours, ou une présence d'un substrat trop compact. La solution : scarifiez légèrement ces zones à la main ou avec un croc, semez à nouveau (25-30 g/m²), tassez et arrosez régulièrement pendant deux semaines. Un sursemis d'automne après scarification globale est souvent la meilleure approche pour régénérer une pelouse abîmée.

Invasion d'adventices

Les mauvaises herbes profitent de la même fenêtre de germination que vos graminées, surtout au printemps. Le faux-semis réalisé 2-3 semaines avant le semis réel est votre meilleure arme préventive. Après la levée, la première tonte précoce (dès 8 cm) favorise les graminées, qui résistent mieux au passage de la lame que beaucoup d'adventices à tige tendre. Evitez tout herbicide sélectif avant la troisième tonte au minimum, sous peine de brûler votre jeune gazon.

Ravageurs et oiseaux

Les oiseaux (pigeons, merles, moineaux) sont friands des graines fraîchement semées. Un filet de protection tendu à 10-15 cm au-dessus du sol, retiré dès la levée, est la solution la plus efficace. Les larves de tipule (vers blancs) peuvent attaquer les jeunes racines : aérez et drainz bien le sol pour limiter leur développement. Pour les limaces, qui adorent les jeunes pousses tendres d'automne, des granulés anti-limaces (à base de phosphate ferrique, moins toxiques pour l'environnement) peuvent être épandus autour de la zone semée.

Pour les artistes : observer et peindre l'herbe au fil des saisons

Si vous êtes ici aussi en tant qu'artiste ou amoureux de la peinture, tout ce calendrier agronomique a une autre dimension : il vous dit quand l'herbe est à son plus beau, son plus expressif, son plus riche en couleurs et en texture. C'est exactement ce que cherchaient Monet à Giverny, Manet dans les clairières de Fontainebleau, Renoir dans les jardins de Louveciennes.

Les saisons de l'herbe : moments à privilégier pour l'observation et le plein air

  • Avril-mai: l'herbe de printemps est d'un vert intense et lumineux, presque irréel. C'est la période des verts jaune-vert (vert émeraude, vert sève) qu'on retrouve dans les tableaux de Monet. La lumière rasante du matin crée des jeux d'ombres dans les touffes d'herbe. Sortez votre carnet entre 8h et 10h ou à 18h-19h.
  • Juin-juillet: l'herbe haute non fauchée prend des tonalités dorées et cuivrées. C'est la palette du Déjeuner sur l'herbe de Manet, avec ces contrastes entre zones ombragées (verts sourds, presque bleus) et zones ensoleillées (ocre, jaune pâle). Observez les prairies non tondues pour saisir cette complexité.
  • Août-septembre: après la canicule, l'herbe grillée offre une gamme de bruns, dorés et roux que les impressionnistes adoraient. Mais avec les premières pluies de fin août, les verts reviennent en force : c'est une transition spectaculaire à peindre.
  • Octobre-novembre: les herbes hautes gardées pour l'hiver prennent des teintes sépia, rouille et ocre brun. La lumière basse de l'automne allonge les ombres et crée des reliefs dans les touffes. Renoir, dans ses paysages d'automne, capturait précisément cette douceur lumineuse.
  • Décembre-mars: l'herbe givrée ou dormante offre une palette quasi monochrome (gris vert, beige, blanc) que les artistes du plein air utilisaient pour étudier les valeurs et les ombres sans la distraction de la couleur.

Palette suggérée et techniques d'observation

Pour peindre l'herbe de manière convaincante, regardez comment la lumière joue sur les brins d'herbe : chaque touffe porte une lumière en haut (vert clair, jaune-vert) et une ombre en bas (vert sombre, vert bleuté). Monet le savait, et ses touches courtes et verticales dans les représentations de prairies restituent cette vibration. Sur votre palette, composez vos verts avec du jaune de cadmium et du bleu de Prusse ou du bleu outremer pour les herbes en plein soleil. Pour les zones ombragées, glissez du vert de viridiane ou du bleu-vert vers l'herbe à l'ombre des arbres. Les guides de dessin et d'aquarelle disponibles sur ce site vous aideront à traduire ces observations en techniques concrètes, des esquisses rapides aux études plus poussées.

Musées et œuvres à ne pas manquer

Pour nourrir votre observation, deux musées parisiens sont incontournables. Le Musée d'Orsay conserve Le Déjeuner sur l'herbe de Manet (1863) et de nombreuses toiles de Monet où l'herbe est protagoniste, comme Femmes au jardin (1866). Le Musée de l'Orangerie abrite les Nymphéas de Monet, où la frontière entre herbe aquatique, eau et lumière se dissout dans la couleur. À Giverny (Eure), le jardin de Monet est lui-même une leçon de botanique impressionniste : visitez-le de mai à octobre pour voir les variations de verts et de textures que le peintre observait au quotidien, à 80 km à peine de Paris. Ces visites complèteront idéalement votre pratique en plein air et les analyses d'œuvres proposées sur ce site.

FAQ

Quelles sont les périodes idéales pour semer de l’herbe en France (mot‑clé « date semis herbe ») selon le type de gazon ?

Pour une pelouse d’ornement : deux fenêtres principales — printemps (mars–mai selon la région) et automne (principalement août–octobre, septembre–octobre optimal). Pour une prairie fleurie : semis d’automne (sept.–oct.) ou de printemps (mars–avril) selon la composition (semis d’automne favorisé pour meilleure installation). Pour une prairie sèche (milieux peu fertiles) : semis d’automne préféré (sept.–nov.) ou printemps tardif si climat montagnard. Référence : calendriers semenciers et guides pratiques (ex. Barenbrug, Leroy Merlin).

Comment adapter la date de semis à ma zone climatique en France (océanique, continental, méditerranéen, montagnard) ?

Océanique (Bretagne, Normandie) : automne (sept.–oct.) très fiable; printemps possible dès mars. Continental (Est, nord‑est) : privilégier le début du printemps (avril–mai) ou l’automne fin septembre si sol encore chaud; éviter semis trop tardifs avant grands gels. Méditerranéen (sud) : automne (oct.–nov.) ou fin d’hiver (févr.–mars) hors périodes de sécheresse estivale; attention à l’arrosage. Montagnard : attendre dégel complet et sols réchauffés (fin mai–juin) ; semis d’automne souvent risqué selon altitude. Source : découpage climatique Météo‑France et recommandations semenciers.

Quelles règles pratiques suivre (température du sol, gel, pluie) avant de semer ?

Température du sol : viser >≈10 °C à ~5 cm de profondeur pour amorcer la germination (valeur pratique courante). Gel : éviter semis justes avant périodes de gel prolongé ; l’automne est sûr si semis effectué en septembre–octobre et jeunes pousses bénéficient de pluies avant l’hiver. Pluie/arrosage : sol humide mais non détrempé ; après semis, maintenir une humidité régulière (légères arrosages quotidiens jusqu’à levée). Sources : guides techniques de jardinage et études agronomiques.

Quelles étapes pas à pas pour préparer le sol avant semis ?

1) Analyse de sol (pH, matière organique) si possible. 2) Corriger le pH si besoin (objectif ≈6,0–7,0 ; chaulage en hiver, 3–4 mois avant semis). 3) Désherbage et faux‑semis 2–3 semaines avant pour éliminer graines d’adventices. 4) Ameublir/leger labour ou grattage, apporter amendements organiques si pauvre. 5) Niveler, émietter le lit de semence et tasser légèrement. 6) Semer en conditions calmes (peu de vent), recouvrir finement (râteau/rouleau léger). Sources : Chambres d’agriculture, IFCE, fiches pratiques.

Quels mélanges de graines choisir selon l’usage et la zone ?

Pelouse d’ornement : mélanges contenant Lolium perenne (ray‑grass) + Festuca rubra + Poa pratensis (proportions variables selon semencier) pour équilibre rapidité/tenacité. Pelouse sportive : mélanges renforcés en ray‑grass et pâturin, doses plus élevées. Prairie fleurie : mélanges spécifiques de fleurs sauvages + graminées, doses faibles (3–10 g/m² selon composition). Prairie sèche : privilégier graminées rustiques et espèces méditerranéennes/locales; choisir mélange « sec/extensif ». Consultez fiches fabricants (Vilmorin, Barenbrug, Sativa) pour compositions détaillées.

Quels sont les taux de semis recommandés (g/m²) pour pelouse neuve, sursemis et prairie fleurie ?

Pelouse neuve d’ornement : 25–35 g/m² (souvent 25–30 g/m² selon mélange). Pelouse sportive ou très piétinée : 30–40 g/m². Sursemis / regarnissage : ≈20–40 g/m² selon l’état (1,5–3,5 kg/100 m² exprimé par certains pros). Prairie fleurie : 3–10 g/m² (valeur courante ≈5–7 g/m² pour mélanges grand public). Sources : catalogues semenciers (Barenbrug, Les Gazons de France, Sativa).

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